Voltairderien

« De tout et de rien ; Surtout sûr de rien ! »

Le petit nuage avant la tempête du doute

J’apprécie les biographies et les témoignages qui donnent la possibilité de se mettre dans la peau d’un autre, et de vivre ce qu’il vit. Pas toutes les biographies, ni tous les témoignages : mais ceux qui parlent d’hommes (et de femmes) que j’admire ou bien qui sont passés par un chemin notable.

De la même manière, j’aime les bons romans pour le point de vue qu’ils offrent. Même une fiction peut renforcer la pensée critique, donner de l’empathie et aider à comprendre des opinions divergentes.

On peut réfléchir autant qu’on veut sur un sujet : raisonner, peser, décortiquer… L’abstraction a ses limites ; et le cas pratique complète l’analyse.

Jésus l’avait bien compris, dans ses sermons :

Et d’abord ce qui me frappe, c’est que Jésus, au lieu de traiter des sujets, traite (qu’on me permette l’expression), traite des personnes. Il ne parle pas de la rédemption, mais du Rédempteur; il ne discourt pas sur l’humilité, mais sur les humbles;

[…]

En effet les vertus et les vices, les dogmes et les préceptes, n’ont par eux-mêmes aucune existence. Retranchez les saints et les pécheurs, Dieu et Satan, et tout le reste n’est qu’abstraction.

— “Comment il ne faut pas prêcher” Napoléon Roussel

Sur un chemin difficile, il est apaisant de trouver des personnes qui partagent ou ont partagé ces difficultés. C’est la définition de la compassion (lorsque ce partage est intentionnel.) Mais même au travers d’un écrit, sans rencontrer ni connaitre l’autre, on trouve du réconfort dans le témoignage d’une situation similaire et on peut alors dire : « je ne suis pas seul ! »

Voici mon histoire !

Plein d’entrain pour l’évangile

Nous sommes au printemps 2021, je me suis pris de passion pour la théologie et son application pratique. J’apprécie les auteurs du XIXe et en particulier ceux qui rédigent des sermons : ils sont instruits, maitrisent la philosophie, connaissent les écritures, n’ignorent pas les grandes controverses et ils soignent leur écriture.

Et ces auteurs puisent dans l’expérience chrétienne pour trouver des réponses aux questions intemporelles de l’âme. Ce sont les Godet, Spurgeon, Roussel, Saurin, Monod, Vinet etc…

Je creuse, aussi, avec appétit les Écritures : y trouvant la nourriture quotidienne pour mon âme. Je suis déjà bien investi dans l’équipe de louange : comme musicien, leader et parfois responsable ; mais j’aimerais servir plus. En voyant mes lectures, ma femme me dit avec un rire jaune “Oulah, tu ne veux pas devenir paster quand même !” Je réponds avec un sourire gêné “non non” mais la vérité, c’est que si Dieu m’appellait, je serais prêt à quitter ma situation professionnelle confortable pour me former ou faire ce qu’Il décide.

Mais il n’y a pas eu d’appel ou de signe de Dieu : juste l’apparition inopinée de l’élément déclencheur de ma déconstruction. Un terrible hasard, ou comme, dirait un évangélique, “un clin d’œil de la providence” car le hasard n’existe pas.

Le blog défendu

C’est donc en cherchant un livre de C.S Lewis, que je tombe par hasard sur un article de Yuriy Stasyuk sur son blog “The Reluctant Skeptic”. Yuri est un ancien pasteur pentecôtiste américain, devenu calviniste, agnostique puis athée. Mais ça je ne le sais pas !

Je commence à lire plusieurs articles, puis tous les articles : je vis ses doutes, j’entends ses appels à Dieu, je comprends certaines de ces intérrogations… Et étrangement, je m’identifie à cet américain ! Nous sommes bien différents, mais nous partageons des points communs : La trentaine, deux enfants, avoir grandi dans le pentecôtisme, le parler en langues (c’est un autre sujet)…

Il aime lire, réfléchir et se poser des questions. Mais en relisant entièrement la Bible, sa foi s’est écroulé.

Pourquoi Dieu permet que ce chrétien tombe et perde la foi ? Et si Yuriy est tombé pourquoi ne pourrais-je pas tomber ? C’est un premier caillou dans ma chaussure.

Mais surtout, j’avais toujours entendu que Dieu se révélait aux personnes sincères qui le recherchait, qui plus est en lisant la Bible (la Parole de Dieu toute-puissante). Mais cette Bible était-elle la parole de Dieu parfaite et authentique ?

Le tabouret branlant

Inconsciemment, j’avais toujours évité les choses trop dangereuses pour ma foi : les livres d’athées convaincues, les compilations d’erreurs bibliques, etc. Et pourtant, j’aime me confronter aux avis contraires. Mais pour ce qui est de la foi, je devais sentir que certains arguments agnostiques ou athées étaient bien trop solides pour s’y confronter sans égratignures.

Un blog avait suffi à réveiller tous les doutes enfouis.

Progressivement, je me rendais compte que j’étais assis sur un tabouret dont les pieds étaient vermoulus et fragiles. Je me croyais en sécurité, mais risquais de me casser la figure. Il fallait absolument que j’inspecte et traite la solidité de mon assise spirituelle.

La boite de Pandore était ouverte…

Quelques Liens

Quelques blogs de déconstruction d’ancien évangéliques :

Quelques articles :

Des subs reddit :

Des podcasts :

  • Hérétique ? — de Jérémie Claeys
  • Mauvaises fois — Émile Barbu et Nathanaël Bancel

Ces récits sont certifiés rédigés à 100% par un être humain, sans aucune assistance d’IA générative (LLM)